Étape 1 — Le cadrage : définir ce qu'on fait vraiment
Tout projet éditorial commence par une question simple et souvent mal posée : de quoi s'agit-il exactement ? Un mook n'est pas un magazine. Un livre d'entreprise n'est pas un catalogue. Une revue culturelle n'est pas un beau livre. Ces distinctions ne sont pas sémantiques — elles déterminent la structure des contenus, le format, le mode de fabrication, le prix de vente et le circuit de distribution.
Le cadrage, c'est le moment où on répond à ces questions avant de se lancer : pour qui, pour quoi, avec quoi, dans quel budget, selon quel calendrier. C'est court — une ou deux sessions de travail — et c'est ce qui évite de refaire la moitié du projet six semaines plus tard.
Étape 2 — L'architecture éditoriale : construire la structure
Une fois le projet cadré, on construit son architecture : le plan de la publication, la nature et l'ordre des rubriques, l'équilibre entre texte et image, la logique de progression pour le lecteur. C'est l'équivalent du plan d'un bâtiment — on ne pose pas les murs avant de l'avoir dessiné.
C'est aussi à cette étape qu'on fixe la pagination cible. La pagination n'est pas un détail technique — elle conditionne le coût de fabrication, le choix de la reliure et la faisabilité du projet dans le budget prévu.
Étape 3 — L'identité visuelle et la charte graphique
Si la publication n'a pas encore d'identité visuelle, c'est ici qu'elle se construit : choix typographiques, palette de couleurs, traitement iconographique, style photographique, ton général de la mise en page. Si elle en a déjà une, c'est ici qu'on l'adapte aux contraintes spécifiques du support print.
Cette étape produit une charte graphique qui servira de référence pour toute la suite — et pour les numéros suivants si la publication est récurrente.
Étape 4 — La maquette et les gabarits
On construit ensuite les gabarits de mise en page : les modèles de pages types — ouverture de rubrique, page texte, double page image, encadré, interview — qui seront déclinés sur l'ensemble de la publication. C'est le moment le plus créatif et le plus technique à la fois. Les gabarits doivent être beaux, lisibles, et suffisamment souples pour absorber des contenus variables sans exploser à la première contrainte.
Une fois les gabarits validés, la mise en page complète peut commencer.
Étape 5 — La fabrication : préparation des fichiers et relation imprimeur
La mise en page terminée, le travail n'est pas fini. La préparation des fichiers pour l'impression — vérification des profils colorimétriques, des fonds perdus, des polices, de la résolution des images — est une étape critique que beaucoup sous-estiment. Un fichier mal préparé produit une impression décevante, parfois irrécupérable.
C'est aussi à cette étape qu'on choisit l'imprimeur — en fonction du tirage, du budget, des délais et des spécifications techniques — et qu'on négocie le bon à tirer. Le BAT est la dernière occasion de corriger avant que les rotatives tournent.
Étape 6 — La distribution et la suite
Un objet imprimé doit trouver son lecteur. Selon le projet, les options sont très différentes : vente en kiosque ou en librairie, vente directe sur un site, distribution lors d'événements, envoi aux abonnés, mise à disposition en point de vente. Chaque circuit a ses contraintes — logistiques, financières, contractuelles — et le choix du circuit influence en retour certaines décisions prises en amont, notamment le format et le prix de vente.
Ce n'est pas une réflexion à avoir après l'impression. C'est une donnée du projet dès le cadrage.
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